Mon cul, le Commandant et Munch

   

Les éditions XYZ lanceront le nouveau livre de Mô Singh le mardi 9 novembre, de 18 à 20h.

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La nouvelle collection KompaK est de retour avec une novella irrévérencieuse, mais ô combien délicieuse ! Mon cul, le Commandant et Munch de Mô Singh conserve le ton audacieux et le langage direct que la critique avait reconnus et appréciés avec son premier roman, Crève Maman, paru en 2006.

Mon cul, le Commandant et Munch, c’est l’histoire de Morgane dont la vie sexuelle avec le Commandant est morne et éteinte. Elle fera la connaissance du Ministre, sur le Net, qui partage la même passion qu’elle pour les tableaux de Munch et qui est un adepte du sexe extrême. Explorant sans détour et sans fard le désarroi qui s’empare de la femme mal aimée au fil des années, cette novella de Mô Singh aborde les effets engendrés par l’effritement du désir avec le temps. Morgane fuit, elle fonce, elle passe de Munch à un sordide hôtel de baise, elle est entraînée dans la perversité. Sera-t-elle sacrifiée au Culte du Cul ? Morgane est enchaînée, mais Mô Singh est déchaînée.







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Rencontre avec André Schiffrin


Dans le cadre des célébrations de leur quinzième année d'édition indépendante, Lux éditeur invite André Schiffrin, à la librairie, le mercredi 10 novembre, à 19h,  pour une table ronde sur l'état du livre et du monde de l'édition.

André Schiffrin est le fils de Jacques Schiffrin, le fondateur de la Pléiade, mais il est avant tout un éditeur passionné. Après avoir passé trente ans à la barre des éditions Pantheon Books, où il a publié entre autres Foucault, Sartre et Chomsky, il dirige depuis 1991 The New Press, maison d'édition indépendante qui publie notamment Noam Chomsky et  Eric Hobsbawn.



Fervent défenseur de la petite édition, il analyse les menaces qui pèsent sur le monde éditorial et dénonce dans ses ouvrages les phénomènes de globalisation qui touchent le monde de l'édition et des médias.
 C'est en toute logique que ses livres, L'Édition sans éditeur, Le Contrôle de la parole et L'Argent et les mots, sont publiés en France aux éditions de La Fabrique par Éric Hazan, un autre défenseur de l'édition indépendante et de la libre pensée.
  










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Rencontre avec les éditions Le Bleu du ciel


Affiche # 7, par Marc Leduc et Benoît Bourdeau

Le jeudi 4 novembre, à partir de 19h, la librairie accueillera les éditions de poésie Le Bleu du ciel pour un moment de rencontre et de lecture.

- présentation du Bleu du ciel par Nathalie André;
- lectures croisées de Sabine Macher et Jérôme Mauche;
- projection de films d’animation de Michel Herreria;
- deux affiches de poésie seront exposées à la librairie.

À l'occasion de leur vingtième anniversaire, les éditions le Bleu du ciel exposeront quelques unes de leurs affiches de poésie à la Bibliothèque nationale du Québec (du 9 novembre 2010 au 9 janvier 2011).

L’affiche de poésie : un art de jonction

« En 1990 naissait L’Affiche, revue murale de poésie. Le grand format des abribus était vidé de son contenu publicitaire pour être habité par des poètes, des écrivains et des artistes. L’invention et l’imagination empruntaient alors les voies de la communication sociale, grâce au détournement. Diffusée dans les centres villes par affichages sauvages ou installée dans les mobiliers urbains, L’Affiche se propageait, s’offrant de manière inattendue au regard curieux des passants ou s’exposant dans les lieux culturels : bibliothèques, médiathèques, écoles, universités, centres d’art, festivals… Nous installions alors la création contemporaine au cœur des villes, en s’adressant à tous, avec des images et des mots en liberté. L’originalité de L’Affiche est d’être à la fois une revue et une œuvre à part entière qui permet, par sa grande taille et son lieu d’affichage, un accès direct à la lecture. 
(...)
Ces Affiches sont également un manifeste pour la poésie d’aujourd’hui, souvent appelée littérature de création, afin qu’elle soit mieux connue et plus largement lue. Grâce à sa stratégie d’alliance avec les arts visuels, grâce à la circulation dans l’espace public et l’impact fort que cela suscite, la voici visible et relancée hors des livres. Il faut donc «aller à L’Affiche», et transformer la lecture en découverte. »

Didier Vergnaud, directeur des éditions Le bleu du ciel










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Le Bathyscaphe et le Bois de mer


Le mercredi 3 novembre, à partir de 19h, aura lieu le changement de saison officiel avec le double lancement du sixième numéro du Bathyscaphe et du nouveau recueil de poésie de Maxime Catellier aux éditions de L'Oie de Cravan.






On ne présente plus Maxime Catellier. S'il s'est fait connaître comme critique (il a longtemps dirigé la section culturelle du journal Ici), comme essayiste (La mort du Canada) et romancier (Le corps de la Deneuve), il est d'abord et avant tout un fin poète.  
Bois de mer qui sera lancé le mercredi 3 novembre au Port de tête est son second recueil pour la maison d'édition L'Oie de Cravan et sa voix y est plus juste que jamais :

Dans la bataille sans armes
où nous nous livrons
les uns aux autres,
le roi est à genoux
et les reines sans maître


Le recueil est accompagné de photos prises par l'auteur et la couverture, illustrée de peintures de Claudine Desrosiers, se veut un hommage aux couvertures des éditeurs pionniers de la poésie au Québec tels Erta ou le premier Hexagone.  Photos et peintures seront exposées dans la librairie. On raconte même que Maxime Catellier va chanter! Que cela ne vous empêche pas de venir faire un tour puisque vin et amuses-gueules n'attendrons que vous.











Mais tandis que les feuilles tombent, le Bathyscaphe remonte à la surface et rentre au port avec un sommaire enivrant :

D'ores et déjà pourtant on nous télégraphie
que l'on pourra y lire des textes des fiers plongeurs
Romy Ashby, Simon-Pierre Beaudet, Jean-Yves Bériou, Daniel Canty, Benoît Chaput, Bérengère Cournut, Patrick-Guy Desjardins, Hélène Frédérick, Joël Gayraud, Sarah Gilbert, Thierry Horguelin, A.J. Kinik, Hermine Ortega, Antoine Peuchmaurd, Hannah Reignier, Pierre Rothlisberger, Valérie Webber

qui parleront, entre autres de
Robert Lebel, la Bouquinerie du plateau, l'île d'Astypalée, Brian Eno, cruciverbisme anglais, la revue Capharnaüm, la dévastation du territoire québécois, la dévastation de Montréal, Dr. John, Marc Bernard, Goose Bay, les éditions Finitude, Haendel, Henri-Pierre Roché, Héraclite, rails et terrains vagues, François Truffaut, les noms d'oiseaux, Alistair MacLeod, la liaison Le Havre-Malte sur un cargo, le disque «Pour en finir avec le travail», l'adieu au légendaire Fedora de New York, Tuli Kupferberg, Richard Huet, couvents fantômes, John Cowper Powys, la ville souterraine de Montréal, Giorgio di Chirico, la frontière fermée aux anarchistes, les psychologues et les travailleurs du sexe, la magie du livre imprimé

ceci accompagné d'images de
Sarah Jade Bernier, Maïcke Castegnier, Geneviève Castrée, Jacques Desbiens, Julie Doucet, Alexandre Fatta, Michel Hellman, José Guadalupe Posada, Barthélémy Schwartz

& bien sûr
du grand jeu casse-tête de Thierry Horguelin &
du feuilleton typographique de Monsieur Moulino










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Le droit chemin de David Homel



 Les éditions Léméac présenteront le 27 octobre prochain le nouveau livre de David Homel, à partir de 17h30.


Ben Allan est professeur de littérature dans une université anglophone du centre-ville de Montréal, une université jamais nommée mais qu’on peut aisément assimiler à Concordia. Il a cinquante ans, son père Morris vient d’être admis dans un foyer pour personnes âgées ; il est en pleine crise existentielle. Ben aime toujours sa femme, mais le quotidien et les années, la trop grande connaissance de l’autre, le fils dépendant maladif de la télévision, ont usé le couple presque à la corde.
Sur cette toile de fond de la couleur des immeubles d’habitation de Montréal, qui rappellent ceux de Chicago, la ville natale des Allan, une plasticienne, Carla McWatts, entre dans la vie de Ben par une porte étrange. Instable, amoureuse de lui, elle disjoncte et se rend elle-même à l'institut Pinel pour recevoir des soins. Ben vient d’obtenir un petit succès avec un essai sur la « dromomanie », une sorte d'hystérie masculine qui aurait sévi au XIXe siècle en France et qui donnait aux hommes l’envie irrésistible de marcher, de courir ; c’était une forme de folie de la fuite ou de la fugue, dont Gérard de Nerval aurait parait-il souffert. Complètement fasciné par tout ce qui touche aux pathologies quasi fictives, Ben se lance dans une enquête sur le psychiatre de Carla, le Dr Albanna, qui s’avère finalement plus fou que ses patients. La grande folie, ici, est bien évidemment celle qui éloigne la personne du reste de l’humanité. Le point d’équilibre de l’homme fou se déplace et le fait entrer dans une individualité sur le fil. C’est en se frottant à cette folie de l’autre, exemplaire, que Ben, confiné dans sa petite folie, celle du quotidien, retrouvera sa route.
Comme toujours chez Homel, la figure paternelle est saisissante, émouvante, incarnée, vraie jusque dans ses imperfections. Les portraits sont rendus avec la finesse et l’humour dont seuls les écrivains de premier plan sont capables.
Cette générosité de l’écriture a été traduite pour nous avec justesse par Sophie Voillot.










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Philosophie sans frontières

Le mardi 26 octobre, dès 17h30, le magazine culturel Spirale et les éditions Nota Bene lanceront le nouveau livre de Claude Lévesque, Philosophie sans frontières, dans la collection "Nouveaux essais Spirale".












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Le Quartanier

Le jeudi 28 octobre, de 17h30 à 21h30, les éditions Le Quartanier lanceront quatre titres simultanément, à savoir :



















Un recueil de poésie inédit dans la collection QR, Les Occidentales, de Maggie Roussell, avec une postface de Mathieu Arsenault.


Extrait :

Croyances partielles, feux de paille, mini orages électriques.
On ne me confie plus de secrets.
Ce qui rime est beau, ce qui ne rime pas est laid.
Je creuse ma ressemblance avec mes parents.
L’aube est une terreur prévisible.
La régression souterraine gagne du terrain.
Pseudo-recueil de vérités, échec total en vérité.
Ça passe, repasse en rêve, relifté :
amours, amourettes.
J’aimerais savoir parler.
Boulevard des chagrins : c’est encore trop joli.
Requins, poulets, moineaux : ils sont libres.
Exigences minimales les plus simples non respectées.
Nous n’irons plus au bois.



La Pologne et autres récits, de Vincent Tholomé, dans la collection Ovni.
Quoi de commun entre des guerres cosmicomiques et le délire d’un auteur draguant les filles dans les cafétérias? Entre le monde contemporain en prise à ses frissons médiatiques paranoïaques et les errances immorales d’une tribu en Sibérie? On l’aura compris : La Pologne n’est ni un carnet de voyage ni un roman historique. La Pologne dresse plutôt, dans des fictions postréalistes, la carte d’un vaste espace intérieur. Résolument à l’est (pour ne pas dire à l’ouest) et dans un ton très bédéesque, La Pologne met en scène, de façon drôle et énigmatique, nos frousses à tous, nos angoissantes questions existentielles à nous, humains sans foi ni loi, sortis de terre dans la seconde moitié du XXe siècle. 




Turpitude, recueil de poésie de Fabien Loszach, dans la collection Ovni.

Turpitude est l’œuvre d’un poète amateur qui, loin de la complexité formelle des poésies modernes, combine portraits et anecdotes, critiques et satires, et n’hésite pas à recourir, comme dans n’importe quelle chanson pop, à la rime, usant d’une métrique plus ou moins régulière, plus ou moins défectueuse. Si elles datent, ces contraintes poétiques sont partout présentes dans la culture populaire sous leurs manifestations les plus simples, et Loszach en fait ses choux gras.

Turpitude fait donc la part belle à ce qu’on pourrait appeler des mirlitonnades, poèmes pas très savants ni subtils, poèmes du dimanche sans mélodie ni rythme, dépourvus de toute virtuosité linguistique. À leur manière comiquement acide, ces poèmes sont de leur époque, même s’il s’agit d’en épingler les travers. Oscillant entre autodérision et mauvaise foi, croisant quelques thèmes éternels (les relations éclair, les filles, le désir, le sexe, la consommation, la culture, l’idée de l’amour, etc.), Loszach croque ses contemporains en quelques vers   dans la lignée des nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon et des dessins de Pierre La Police.





Matamore no 29, de Alain Farah, dans la collection Ovni.
Avec une postface de Jean-François Chassay.


L’agent Mariage est envoyé en mission sentimentale. Matamore suractif, il s’éprend d’une grande blonde polonaise et finit par assassiner Kennedy une seconde fois, à l’aide d’un canon étrange. Du Caire à Paris en passant par Dallas et Los Angeles, voici les “aventures” d’un écrivain à qui tout arrive, et dont l’alter ego, lancé sur la piste de sa propre vie, se bat sur tous les fronts, réactive le passé, accélère le présent.

En déplacement entre la province et la métropole, galvanisé par des injections de supervitamines, Mariage rencontre une championne de tennis, tombe de Charybde en Scylla, fait la leçon à son employeur (sur la volaille, sur le poisson – grands sujets), retrouve ses ancêtres phéniciens, se planque dans les cinémas, et disserte sur Joyce et Hamlet – tout ça en combattant l’ennemi intérieur.

Par le caractère autobiographique de ses obsessions, par son imaginaire et son inventivité formelle, Matamore no 29 n’est pas sans connivence avec les œuvres de David Lynch et d’Olivier Cadiot, de Thom Yorke ou de Woody Allen.





Le cabinet de curiosités



 Le vendredi 29 octobre, à partir de 17h30,  les éditions L'Instant même lanceront le nouveau recueil de nouvelles de David Dorais : Le Cabinet de curiosités.

Ouvrir coffre, armoire ou livre, c’est donner libre cours à l’inépuisable vitalité du fantasmagorique. L’écrivain curieux et le curieux écrivain qu’est David Dorais a rassemblé pour le lecteur une collection d’images insolites et de faits intrigants. Son musée imaginaire est hanté par une faune bigarrée : apprenti sorcier, marionnettes et automates, foetus en bocal, Goliath guillotiné, vierge aux trois mains, maître de kung-fu manchot… Les espaces mêmes se transmuent selon une étrange alchimie : un parc d’attractions apparaît au coeur d’une montagne allemande, le sous-sol de Montréal est contrôlé par les francs-maçons, une maquette de Bruxelles devient le théâtre du monde, le parc de La Ronde met en scène une Saint-Jean apocalyptique.

On retrouve dans Le Cabinet de curiosités l’érudition excentrique du précédent recueil de nouvelles de David Dorais, Les cinq saisons du moine, mais aussi une gravité troublante, quand le monstrueux et l’artificiel s’unissent pour évoquer tous les drames de la vie humaine.













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Trois fois la Peuplade


Le vendredi 22 octobre à 17h, les éditions de La Peuplade lanceront trois titres :


Ce roman philosophique d’une rare profondeur nous présente P., femme solitaire dont la généalogie est interrompue par un incident d'enfance qui la propulse mentalement sur une île sans population humaine au milieu d’un océan poissonneux sous un ciel constamment modifié. Grâce à une écriture à la fois savante, sophistiquée et sensible, Suzanne Leblanc construit l’individualité de ce personnage fort. Le lecteur est ainsi amené à voyager dans les pièces de la maison édifiée, à Vienne, par un philosophe à l’œuvre convaincante, à la vie admirable, dans laquelle évolue la pensée de P.






Entre elle et elle, un creux profond qui l'empêche de se saisir et d'habiter son corps. Il y a, dans la cour d'école, trop de banalité et de haine pour continuer à y jouer tranquille. Elle devra se scinder et partir, abandonner une partie d'elle, sa bête; la laisser avec les autres dans la cour. S'installe alors une joute, un échange serré de mots à soi, d'explications et d'excuses, de questions, de prières, de demandes de pardon. Jusqu'à se scier en deux. Jusqu'à la survie.








L’auteure Sophie Bouchard nous invite dans un véritable huis clos sur un phare en pleine mer à veiller les naufrages en compagnie de Cyril, Clovis et Frida, trois personnages attachants en quête de l’amour et de la terre où le vivre. En parallèle, ce roman nous fait voyager au Sénégal à la rencontre du premier amour de Cyril, Rosée, qui sera à la source du plus grand envoi de bouteilles à la mer que l’océan aura connu.
Sur l’eau comme ailleurs, les avancées technologiques bouleversent notre façon de penser le monde. La navigation s’est transformée. Alors que Cyril, le dernier gardien de phare de la région, guide toujours les navires, le jeune Clovis commence à préparer l’automatisation du pilier. Mais au large la tempête se prépare.

Les bouteilles pour la soif ; Les bouteilles pour l’oubli ; Les bouteilles dans l’attente d’un signe de vie.








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Rencontre

Le lundi 11 octobre à 18h, la librairie et Dimédia organisent une soirée de rencontre et de lecture avec les écrivains Franck Smith et Marc-André Brouillette.




Franck Smith est l'auteur de Guantanamo aux éditions du Seuil et de Le cas de le dire aux éditions Créaphis.




Marc-André Brouillette est l'auteur de plusieurs recueils aux éditions du Noroît, dont Vent devant et M'accompagne.







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La traversée

Le jeudi 7 octobre à partir de 17h, le groupe de recherche de l'UQAM La Traversée, avec les éditions XYZ, Mémoire d'encrier et les éditions du Noroît, lanceront simultanément les trois titres suivants:




















États de la présence
États de la présence fait suite à un colloque auquel il emprunte son titre et qui a eu lieu à l’UQÀM du 6 au 8 décembre 2008. Le recueil, divisé en quatre chapitres, regroupe des articles qui y ont été présentés, mais aussi des fictions et des essais écrits par des poètes qui avaient alors participé à la table ronde D’où le poème parle-t-il? Les textes, qui portent sur la poésie québécoise depuis 1980, se penchent sur l’œuvre de près de vingt-cinq poètes dont Hélène Monette, Pierre Nepveu, Nicole Brossard, Élise Turcotte, Jacques Brault, François Charron, Hélène Dorion, Paul Chamberland, Pierre Ouellet, Joël Des Rosiers, Patrice Desbiens, Hugues Corriveau et Jean-Marc Desgent. 






















Traversée de l'Amérique dans les yeux d'un papillon 
Construit sous forme de spirale, le roman raconte l’histoire d’une jeune femme qui s’abandonne sur les routes du monde. L’exil bouscule les habitudes et nous apprend que le chemin se fait en marchant. Tout est concision dans cet ouvrage, une langue exigeante et sobre, une touche fine et patiente. La narratrice se faufile entre les couleurs, les arbres et les nuages, qui deviennent eux-mêmes pulsion de vie et de beauté. Elle reconstruit son être par le récit de ce voyage initiatique qui la guide aux horizons des Amériques : Alaska, Guyane, Nouveau Mexique, Montréal, Innu Assi.
On change de peau chaque fois que quelqu’un nous raconte son histoire. On oublie d’où l’on vient. On ne sait plus à qui appartiennent cette tristesse, cette joie. On est parfois léger, on butine, parfois lourd comme une pierre.





L'épreuve de la distance 
L’épreuve de la distance poursuit la méditation sur le temps amorcée dans La  rive solitaire, avec lequel il forme un diptyque – chaque livre étant au  demeurant parfaitement autonome. Au gré de déplacements dans des lieux tantôt  familiers, tantôt étrangers, une femme arrivée au milieu de sa vie contemple  d’un même regard le chemin derrière et devant elle. Le temps sur tout a jeté sa  patine, cependant elle continue d’avancer. L’espace peu à peu prend le pas sur  le temps et le corps regagne ses droits sur la pensée abstraite, avec laquelle  il entre en dialogue. Ductile le temps subit des distorsions, s’étire ou encore  se condense jusqu’à s’abolir. L’espace parcouru et à parcourir, c’est aussi celui de l’écriture, qui se fait ici objet de réflexion. L’enjeu étant de maintenir cette dynamique de relance entre la méditation et la sensation, le corps et la pensée, deux genres sont mis en regard et en tension : l’essai et le poème. Le caractère hétéroclite du livre – c’est en cela aussi que se fait l’épreuve de la distance – rappelle en outre qu’on n’approche jamais si bien les êtres, les choses, les idées que depuis cette distance juste où l’on peut les dire sans les réduire.







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